mercredi 27 janvier 2010

Autour d’un thé à la rédaction du Calame

Aujourd’hui, curieusement, un des plus assidus aux séances de thé est arrivé en retard. Que de réclamations pour compenser les deux verres ratés! Il fallut l’intervention de tous, pour convaincre Alioune, d’habitude peu disponible, surtout avec ceux qui «ne le saluent pas régulièrement», de lui concéder rappel.
Finalement, les primes de transport et de logement qui ont fait l’objet d’une si démagogique campagne ne sont pas si importantes que ça. Du coup, les enseignants – les plus nombreux fonctionnaires – sont dans tout leur état. Ils s’attendaient à un montant substantiel: le voici oscillant entre 3.000 et 4.852 ouguiyas. Même le principe d’égalité, au nom duquel cette augmentation avait été annoncée, n’a pas été respecté. Entre les 55.000 ouguiyas donnés à certains et les 3000 ouguiyas affectés à d’autres, c’est la consécration d’une injustice notoire. Certainement qu’au mois de juillet prochain, lors de la distribution des indemnités de logement, la même logique de favoritisme et d’inégalité prévaudra. Déjà, l’improvisation, le manque de coordination et la précipitation se ressentaient, à travers les nombreuses contradictions, entre les propos du Premier ministre, devant le Parlement, et ceux du ministre des Finances, lors d’une récente conférence de presse, à propos de ces augmentations. Alors que pour le PM, le minimum pour le transport était de 5.000 UM, pour le ministre des Finances, c’était, plutôt, 3000 UM. Selon les deux responsables, la prime minimale du logement serait de 15.000, alors que les termes de l’arrêté rendu public par la Primature mentionnent 7.000. Une véritable confusion qui prouve, au moins, que l’Administration est toujours infestée de malveillants qui (re)taillent toutes les décisions à leur mesure, pour en tirer les plus gros profits possibles.
Les JT de 20 heures des mardi et mercredi soir ont été consacrés, à plus de 90%, aux journées de réflexion des partis de la majorité. Pendant plus de trente minutes, les rares téléspectateurs que nous sommes de la TVM ont vu et revu, de face, de profil, en arrière et en gros plan, les participants à ces journées. Entendu les discours, maintes fois ressassés. Des interviews express de hauts et petits cadres. Des «nouveaux-anciens» cadres de la nouvelle république fustiger, sévèrement, le vol, la gabegie, la corruption. Autres temps, autres mœurs. De vieux thèmes, comme la lutte contre l’analphabétisme, reviennent à la page. Peut être qu’aux prochaines assises, le livre et ses maisons, les vacances au pays, la guerre à la tribu seront insérés dans la thématique de la Mauritanie nouvelle. Les recommandations de ces journées n’ont rien laissé. L’une d’elles exige, même, la libération du journaliste Hanevy Ould Dehah. Dans son discours d’ouverture, le président Ould Abdel Aziz a – une fois n’est pas coutume –parlé de l’opposition en termes respectueux. Pour la première fois. Selon lui, la participation de celle-ci à ces rencontres est nécessaire car la construction du pays nécessite l’apport de tous. EGD (les «fameux» Etats Généraux de la Démocratie de l’an passé), journées de réflexion des partis de la majorité, forum scientifique sur la modération en Islam et autres sortes de rencontres dont l’intérêt est évident, restent, cependant, des manœuvres aux résultats aléatoires, tant que tous les Mauritaniens ne se résolvent pas à accepter un vaste dialogue national inclusif qui dépasse les divergences de tout ordre. On aurait, alors, de vrais et sincères débats, susceptibles de poser, enfin, les jalons d’un Etat de droit, respectueux, dans le fond et dans la forme, des principes fondateurs d’une démocratie assainie. Utopie? Hé, Alioune accepte bien de resservir les retardataires…

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