lundi 8 février 2010

L’épée azizienne

Notre confrère Hanevy Ould Dehah vient d’être, à nouveau, condamné: deux ans de prison ferme! Après avoir purgé une première peine de six mois, pour «atteinte aux bonnes mœurs» – ça ne s’invente pas, ce genre d’accusations sauf en Mauritanie nouvelle, peut-être – c’était, pour notre confrère, «l’oral de rattrapage», devant une cour d’appel composée de juges ramassés par ci et par là, pour la «bonne cause». Des juges ayant tellement à cœur de remplir la mission pour laquelle ils ont été choisis qu’ils n’ont même pas pris la peine d’écouter les plaidoiries de la défense. Plongés dans leurs remords ou de peur de se laisser convaincre? Le risque était, pourtant, apparemment minime, avec un seul argument susceptible de les faire douter: comment peut-on juger et condamner quelqu’un sur la base d’une loi qui n’existe pas, la Mauritanie n’ayant pas encore légiféré dans le domaine de la presse électronique? Un célèbre adage ne dit-il pas qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre?
En tout état de cause, cette lourde condamnation n’augure rien de bon pour la Justice, plus que jamais aux mains de l’exécutif, pour la Presse, en général, et la liberté d’expression, en particulier. C’est pourquoi est-il impératif de se battre contre l’arbitraire. Avec le soutien des organisations nationales et internationales, des partis politiques, des journalistes, des syndicats et de tous les hommes épris de justice. Faites gaffe, les amis! Ne dites plus un mot plus haut qu’un autre! Vous êtes tous des Hanevy potentiels. Une épée azizienne trône, désormais, au dessus de vos têtes.

AOC

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