mardi 16 mars 2010

Publiques ici, privées ailleurs

Le président Ould Abdel Aziz a donné, ce samedi, le coup d’envoi de l’opération «dégagement des espaces publics à Arafat». Un meeting, organisé, à cette occasion, et pour lequel l’UPR (DS) a battu le rappel de ses troupes, sans grand succès d’ailleurs, a été, pour lui, l’occasion de régler ses comptes avec l’opposition ou «ce qui l’en reste», selon ses propres termes. Une opposition, qui, d’après lui, ne goûtera jamais aux délices du pouvoir, rame à contre-courant de l’intérêt général, refuse le dialogue et ne veut pas voir que le pays avance, à grands pas, vers la réalisation de (son) programme.
Tout ceci est bien beau. La populeuse moughataa d’Arafat mérite bien qu’on s’occupe d’elle, qu’on lui libère ses espaces publics et ses rues. Mais, pour nous asséner ces «vérités», notre guide éclairé et bien-aimé aurait pu trouver un meilleur créneau qu’un énième lotissement qui, passé l’effet d’annonce, ne sera plus qu’un feu de paille. Combien de fois Arafat, Riyadh, Vellouja, Basra et d’autres encore ont été (mal) lotis? Combien de ministres et de présidents nous ont promis qu’avec eux, les quartiers précaires ne seraient plus qu’un mauvais souvenir et que les «gazras», plus tolérées? Et, pendant qu’on y est, pourquoi s’attaquer aux sqatts des places publiques d’Arafat et non pas à ceux de Tevragh Zeina, un quartier sans plus la moindre parcelle pour une école, un marché, un jardin ou une aire de jeux? Ceux qui ont commis le «crime» de lotir ces terrains sont toujours là. Pourquoi ne pas leur demander des comptes et exproprier les occupants, pour des raisons d’utilité publique, quitte à les dédommager?
Les hauts responsables vous répondront, invariablement, qu’ils n’ont fait qu’ «exécuter des ordres venus d’en haut». Cela les disculpe-t-il, pour autant ? Ould Nagi s’en était tenu à cette ligne de défense, lors de son interrogatoire. Il a été pourtant, écroué. Pour les autres, on n’en arrivera, probablement, jamais là. Cassons du pauvre! Les riches attendront et parions qu’ils ne chercheront pas, cette fois, à passer devant…
AOC

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