mardi 23 mars 2010

Dialogue ou partage ?

Ould Abdel Aziz l’a dit, lors du meeting d’Arafat. Ses partisans l’ont répété, durant le meeting qu’ils ont organisé, samedi dernier: la majorité ne partagera pas le pouvoir avec l’opposition. Comme si cette dernière, comble du ridicule, faisait des pieds et des mains pour entrer dans un gouvernement dont elle ne reconnaît pas la légitimité et dont elle décrie l’action. Ce qu’elle ne cesse, par contre, d’appeler de ses vœux est le dialogue avec le pouvoir, comme prévu dans les accords de Dakar que les deux parties ont signés, sous l’égide de la Communauté internationale. Un dialogue que prévoit, également, le fonctionnement normal de la démocratie, en vertu duquel le président de la République et le leader de l’opposition doivent se rencontrer, une fois tous les trois mois, au moins. Certes Ould Daddah ne reconnaît pas Ould Abdel Aziz en tant que président, mais ce dernier gagnerait tout à accomplir le premier geste, quitte à se faire rabrouer. Il aurait eu le mérite de tenter de décrisper la scène politique et de pousser la balle dans le camp de ses adversaires. Est-il capable d’une telle audace? On serait tenté de répondre par la négative, au vu de la logorrhée qui s’empare de ses soutiens, chaque fois que le mot dialogue est prononcé. Tout le monde a encore en mémoire la levée de boucliers qu’avait suscitée la proposition de Sidioca, alors fraîchement élu, de former un gouvernement d’union nationale. L’idée, particulièrement courageuse à l’époque, allait éviter au pays d’éparpiller ses forces et de plonger, quelques mois plus tard, dans une crise aigue. Mais ce sont ces mêmes soutiens, qui poussent, aujourd’hui, Ould Abdel Aziz à ne pas s’ouvrir aux autres, qui s’étaient battus, becs et ongles, pour que Sidioca se contente des girouettes qui l’avaient soutenu. Tous les deux ne leur sont pourtant redevables de rien. Sidi a remporté une victoire à l’arraché grâce au soutien des militaires du CMJD et Aziz a gagné tout seul
Le président est-il conscient de ces enjeux? Espérons, pour lui et pour le pays, qu’il ouvrira, enfin, les yeux pour reconnaître que ceux qui l’applaudissent des deux mains ont, déjà, applaudi Sidi, Ely, Maaouya et n’hésiteront pas à retourner leurs boubous (et leurs voiles) quand ils sentiront le vent tourner.
AOC

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