mardi 22 décembre 2009

La semaine du blog

Piètres assemblées
Aux sessions ordinaires de l’Assemblée nationale, les députés de la majorité et ceux de l’opposition ne se ménagent pas. Ainsi, chaque fois qu’un des élus de cette «satanique» opposition intervient, la réplique, souvent insolente, ne se fait pas attendre de la part d’un de ceux qui se prévalent d’avoir sauvé le pays d’une dérive certaine, en soutenant le coup six-aoûtard. Certains de ceux-ci, au lieu d’exposer les problèmes de la circonscription qui les a élus, préfèrent s’interposer, avec zèle, aux interventions, parfois très pertinentes, de leurs collègues de l’opposition. Même si ceux-ci font, quelquefois, feu de tout bois en entreprenant maintes acrobaties pour évoquer des sujets qui fâchent, pas toujours d’à propos. Généralement, les débats parlementaires, qui devraient, surtout, éclairer les téléspectateurs sur le fonctionnement de notre république, se réduisent à de petites phrases indélicates et des propos grossiers. L’impression étant que certains veulent plaire aux ministres et au président, tandis que d’autres choisissent la provocation et la dérision. Résultat des courses: des débats de basse facture qui ne mènent à rien et sont indignes d’une chambre de représentants du peuple. Les prestations des parlementaires, au niveau des deux chambres et à quelques exceptions près, sont avilissantes. Normal car beaucoup de nos honorables ne sont pas si instruits que cela et la plupart n’a, pas encore, rompu avec les anciennes pratiques: rangs devant les bureaux de ministres, gouverneur de la BCM et autres hauts fonctionnaires de la république, notamment.
Et comme le président est à la recherche d’argent, pour tenir ses nombreuses promesses dont la plus pressante est l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires, il faudrait revoir, à la baisse, les rétributions, importantes, de nos «chers» parlementaires. La Mauritanie est pratiquement le seul pays d’Afrique à se prévaloir, sans justification, d’un Parlement bicaméral. Une auguste Assemblée nationale de 95 députés et un Sénat de 56 membres, tous grassement rétribués. Les institutions inutiles sont, aussi, une forme de gabegie et de malversation.

Wanted
Les « brillants » députés Sidi Mohamed Ould Maham et El Houssein Ould Ahmed Hadi, tout comme le puissant sénateur de Rosso, Mohcen Ould El Hadj, ont disparu de la scène. Ils sont invisibles, même, lors des sessions parlementaires que retransmet régulièrement la TVM. Que s’est il passé, depuis le coup six-aoûtard dont ils ont été les principaux soutiens, après avoir été les principaux instigateurs de la motion qui a conduit à la déposition de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ? Les mauvaises langues parlent de leur disgrâce, auprès du président, pour «services trop bien rendus». L’un, autrefois très puissant, fait, aujourd’hui, profil bas, laissant passer la tempête. Les deux autres sont si découragés qu’ils ne prennent plus la peine de venir assister aux débats parlementaires. Le limogeage, intempestif, de certains de leurs proches a suffi pour leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas si intouchables que cela. Fini le temps où ils étaient, régulièrement, invités par les chaînes satellitaires pour expliquer tel ou tel événement, répondre à tel ou tel politique.

A qui le tour?
Trois semaines après le rapt des espagnols, deux ressortissants italiens viennent d’être kidnappés sur le sol mauritanien. Encore une fois, au nez et à la barbe de nos vaillantes forces armées et de sécurité dont les hauts responsables prétendent qu’elles «s’étendent tout au long du territoire national». Les enlèvements, opérés en plein jour, suivent, pratiquement, les mêmes scénarii. Provocation des auteurs. Incapacité des forces mauritaniennes de l’ordre à cerner un phénomène qui s’amplifie de jour en jour. Des opérations qui, en plus de ternir l’image, déjà très écornée, de nos forces de sécurité, constituent, malheureusement, un coup dur au tourisme et aux investissements. Soixante jours après les propos, prometteurs, d’Ould Abdel Aziz, sur le perron de l’Elysée, ces deux incidents malheureux rappellent, en moins d’un mois, à son excellence, qu’il convient de mettre beaucoup d’eau dans son zrig et démontrent que le président ne mesure pas, à sa juste dimension, l’ampleur du phénomène. Il y a quelques jours, le gouvernement vient d’adopter de nouvelles mesures sécuritaires visant à mettre la police dans les conditions «idéales» pour accomplir sa mission. Cette année 2009, le budget de l’armée s’est élevé à 30 milliards d’ouguiyas: plus de deux fois celui de l’éducation (12 milliards) et trois fois celui de la santé (9 milliards). Tout cela pour dire que le problème n’a jamais été un problème d’argent mais une question d’organisation et de stratégie. Les promesses de la junte de tout faire pour régler la question sécuritaire a été, pour beaucoup, dans la légitimation par la France et la Communauté internationale du coup six-aoûtard. Son incapacité à les tenir lui fera, certainement, perdre quelques points. Parmi les principaux prétextes avancés par les «six-aoûtards», l’absence de sécurité. Alors, faut-il refaire le six août ? Après le rapt des trois espagnols, un général a été démis de ses fonctions. Aujourd’hui que des Italiens sont kidnappés, lequel de nos généraux payera t-il cette gênante déconvenue? A ce rythme, on n’en aura, très vite, plus aucun à disposition…

Colère ministérielle
Les interventions de Mohamed El Moustapha Ould Bedredine et Abderrahmane Ould Mini, députés, respectivement, de l’Union des forces du Progrès (UFP) et du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), ont, particulièrement, déplu au ministre de la Défense, Hamady Ould Hamady. Les deux contestataires ont, dans leur intervention, mis l’accent sur les nombreuses lacunes dont souffre l’institution militaire. Selon l’un d’eux, l’armée nationale, qui a déserté les missions que lui confère la Constitution, s’est spécialisée dans le coup d’Etat. Alors que, pour l’autre, les officiers supérieurs n’enregistrent, comme faits de guerre, que les villas cossues, les cheptels et les importants comptes en banque. Pour Ould Bedredine, il faut fonder une nouvelle armée qui se consacrera à sa mission traditionnelle de sécuriser les biens, les personnes et veiller à la défense nationale. Dans sa réponse, le ministre de la Défense a regretté que des députés s’en prennent, avec autant d’irrévérence, à une institution aussi importante que l’armée nationale. Selon lui, jamais les militaires ne sont intervenus, en politique, sans qu’ils ne soient encouragés, implicitement ou explicitement, par des civils. Et à chaque fois, c’est, dit-il, que «le pays est au bord du gouffre.» Décidément, le ministre, qui vient d’entrer au gouvernement, veut se rattraper sur les raisons qui ont motivé le coup d’Etat – du mouvement rectificatif, dira-t-il – du 6 août. Sinon, pourquoi piquer une si vive colère, suite aux propos de parlementaires qui ne sont là que pour dire ce qu’ils pensent?


De la mauvaise gestion
Les directions régionales de l’éducation de Nouakchott gèrent mal le staff d’inspecteurs de circonscription dont elles disposent. Ainsi, alors que certaines inspections départementales comme celle de Arafat à titre d’exemple disposent d’une « poignée » d’ IC ( inspecteurs de circonscription ) qui ont pour mission d’encadrer, de conseiller, de former et de suivre les enseignants, d’autres comme celle de Riyad, malgré leurs nombreuses écoles, n’ont que deux inspecteurs. La raison de ce déséquilibre pédagogique résulte de l’incapacité des responsables régionaux de convaincre les encadreurs à accepter de travailler dans des moughatas qu’ils jugent recluses. La véritable raison étant que les populations de ces quartiers populaires ne perçoivent même pas l’importance du suivi pédagogique. Or, il est évident que tout fonctionnaire peut être affecté partout où le besoin se fait sentir indépendamment de sa volonté et de ses caprices. Le déploiement rationnel du personnel est un principe fondateur de la bonne gouvernance. Tout comme le mauvais investissement des ressources humaines constitue une forme très élaborée de la gabegie.

Déportés et contractuels du MEN : Même combat
Dia Abdoulaye, la quarantaine largement révolue, ne décolère pas. Lui, qui, sorti en 1982 en qualité d’instituteur de l’ENI de Rosso a été déporté de Guidakhar aux confins du Trarza vers le camp de Thiès où il passera plus de 8 ans loin de sa famille, de son pays et de ses proches. Depuis son retour en Mauritanie, il se bat comme d’autres pour être réintégré à la Fonction Publique. Vainement. Jusqu’à ce jour, le pauvre travaille pour survivre dans les établissements AlBaraka. Les demandes d’intégration qu’il a formulées sont si nombreuses qu’il ne se rappelle plus le nombre. Aux ministères de l’intérieur, de la fonction publique ou de l’éducation, la litanie est la même. Les responsables de ces différents départements se renvoient la responsabilité. Selon Dia Abdoulaye, l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz prétendument président des pauvres et des laissés pour compte, a fait renaître l’espoir. La communication faite par la ministre de la fonction publique devant le conseil des ministres le 15 octobre dernier a plaidé en faveur de l’intégration de 144 instituteurs et professeurs dont le ministère de l’éducation aurait fortement besoin. Plusieurs correspondances dans ce sens ont été échangées entre l’éducation et la fonction publique. Mais une fois encore, la lenteur administrative, le laxisme des responsables et l’irresponsabilité ambiante qui prévalent encore dans l’appareil administratif compromettent l’aboutissement de cette procédure. Sur un autre registre, les trois cents (300) contractuels, jeunes maîtrisards engagés en tant que professeurs, instituteurs déportés non encore intégrés et retraités, n’ont perçu aucun rond depuis la rentrée scolaire d’octobre 2009. Engagés sur la base de contrats en bonne et due forme, ces contractuels, responsables de familles nombreuses ne savent plus à quel saint se vouer. Ceux de Nouakchott ont pratiquement élu domicile sous les arbres du MEN. Leurs incessantes navettes entre le ministre et le secrétaire général ne leur ont occasionné qu’amertume et découragement. Sans le sou depuis trois mois, ces pauvres en appellent à la compassion du chef de l’Etat pour mettre fin à leur calvaire.

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