lundi 12 avril 2010

Sombres lendemains

«Les nominations de Maaouya», disait un ancien ministre, «ne sont pas des titres fonciers. Il ne faut pas les exhiber». Il faisait allusion à la dévalorisation de toutes les fonctions, y compris celle de ministre, du temps de l’ancien président qui n’hésitait pas à nommer qui il voulait, sans tenir compte ni du profil ni des compétences, encore moins de l’expérience. Une aberration qui a fait que certains ministres, totalement néophytes, se pavanaient deux à trois mois, à la tête de «leur» département, sans strictement rien y comprendre. Avant de se faire éjecter et d’atterrir, soit à la tête de tel ou tel autre ministère ou ambassade, soit sur leur propre tête.

Ould Abdel Aziz qui a chanté, sur tous les tons et les toits, qu’il gouvernerait différemment, serait-il en train de tomber dans les mêmes travers? A la lecture de certaines nominations opérées par le maître de céans, on serait tenté de répondre par l’affirmative. Il est, certes, normal qu’un président puise dans le vivier qui l’a soutenu mais il est incompréhensible qu’il s’abaisse au ras des pâquerettes. Pour nommer des hommes et des femmes au passé gestionnaire peu glorieux, quand ce n’est pas seulement nantis, en guise de qualité suprême, d’incompétence avérée, certains affichant, même, la particularité d’être totalement étrangers aux secteurs qu’ils dirigent désormais. Comme Ould Taya, Ould Abdel Aziz serait-il en train de se laisser aveugler par ses soutiens, au point de ne voir pas plus loin qu’eux?

Nivellement par le bas. Notre président trouvera-t-il la force de résister, de se transcender et de transcender une administration si encline à se la couler douce, jusqu’à la lie? Malheureusement, les petits calculs politiciens ne font pas que gangrener le pouvoir, c’est toute la société qu’ils corrompent. Serait-il plus simple, pour un général, de se muer en fossoyeur plutôt qu’en médecin? Et dire que gouverner, c’est prévoir. Sombres lendemains…

AOC

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