samedi 17 mai 2014

Editorial : Aux bottes, l’alternance !



Le bâtonnier de l’Ordre national des avocats et éphémère candidat à la présidentielle du 21 juin prochain, s’est retiré de la course. La nouvelle a été annoncée dimanche, en fin d’après-midi, lors d’une conférence de presse. Le bâtonnier, qui faisait ses premiers pas en politique, a jugé vain de participer à une élection qui n’offre aucune garantie de transparence. Il rejoint, ainsi, la position du Front National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) qui, après plusieurs rounds de négociations avec le pouvoir, a décidé, à l’unanimité, de ne pas prendre part au scrutin. Le forum considère, à juste titre, qu’il serait suicidaire de légitimer un processus sur lequel on n’a aucune prise. Comme lors de l’élection présidentielle de 2009, lorsque l’opposition s’est fait rouler dans la farine. Ould Abdel Aziz était certes coopté, à l’époque, par la Communauté internationale qui n’a ménagé aucun effort pour lui baliser la route qui mène à la Présidence.
Ould Bouhoubeyni – néophyte, il est vrai – était, pourtant, considéré comme un candidat crédible dont le discours, tranchant, risquait de faire mal. Grand pourfendeur du régime en place, il n’a eu de cesse de l’attaquer sur au moins un aspect qu’il maîtrise mieux que tout : l’indépendance de la Justice qu’il a toujours qualifiée de chimère. Sa présence risquait, donc, de crédibiliser, un tant soit peu, une élection sans aucun poids lourd de la politique en face d’Ould Abdel Aziz. Même Messaoud, qu’on pensait lié, pour un long bail, à notre rectificateur en chef, s’est démarqué de la consultation, en annonçant son boycott.
Que se passera-t-il, à présent ? S’achemine-t-on vers une élection sans enjeu ? Une victoire sans gloire pour le président sortant ? Un score à la Corée du Nord ? On pouvait pourtant éviter d’en arriver là. Si chacun avait mis du sien, on aurait pu aller à un scrutin apaisé. Pour qu’enfin cette crise qui couve, depuis 2009, ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Il est permis de rêver, non ? Ou doit-on se préparer, une nouvelle fois et comme toujours depuis trente-cinq ans, à l’inéluctabilité d’un coup d’État, dans un an, deux, dix, apparemment seule issue d’alternance, en notre république aux bottes ?
                                                                                            Ahmed Ould Cheikh

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