dimanche 8 septembre 2013

Editorial : Donner (encore !) du temps au temps ?



Après une réunion de plusieurs heures, dimanche 1er septembre, le conseil des présidents de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD)  a, finalement, décidé de… ne rien décider. Rendez-vous est pris jeudi prochain, pour un nouveau round de discussions autour de la participation ou non de la COD aux élections législatives et municipales, prévues le 23 novembre prochain. Même si la tendance dominante ne fait aucn doute, le RFD et l’UFP ayant déjà annoncé qu’ils boycottaient les futures consultations électorales, l’opposition veut maintenir un semblant d’unité, pour ne pas se faire piéger par un pouvoir qui lui déjà joué un sale tour, à Dakar et Nouakchott.  Si l’on en croit certaines sources, le parti Tawassoul, qui penchait sérieusement, avant cette réunion, pour une participation aux élections, semble avoir mis de l’eau dans son vin, euh, astafiroullah, son zrig. Ils ne seraient plus aussi participationnistes que voudrait le faire croire la rumeur  et opteraient, plutôt, pour une position commune de la COD. Peut-être se sont-ils rendu compte que jouer en solo, face à une majorité qui ne lésine devant aucun moyen de l’Etat, pour arriver à ses fins, équivaudrait à un suicide politique. Sans compter la lourde responsabilité d’avoir lézardé les murs de l’opposition. Avec un résultat très aléatoire. Comme nous le faisions déjà remarquer la semaine dernière, la situation actuelle de l’Egypte doit donner à réfléchir…
Même si le régime feint tenir à la date des élections, plusieurs indices tendent à prouver le contraire. On le voit multiplier les appels du pied à l’opposition. Ould Abdel Aziz veut rencontrer Ould Daddah ; le Premier ministre, Ould Maouloud. Une fin de non-recevoir a accueili les deux demandes.  Messaoud Ould Boulkheïr, qui  a pris langue, depuis quelques temps, avec Ould Abdel Aziz et ravalé son initiative, se démène, d’ailleurs, pour que la rupture ne soit pas définitive. Il a rencontré, samedi 31 août, trois leaders de la Coordination pour leur signifier qu’il peut encore arracher quelques concessions au pouvoir. Il suffit, juste, de lui donner un peu de temps. C’est ce qui explique, peut-être, le report de la réunion de la COD à jeudi. Tant Messaoud qu’Ould Abdel Aziz  ont vu qu’une élection sans la COD serait sans enjeu et de nul effet. 
Rien qu’à voir le peu d’empressement manifesté, par les électeurs, à se faire inscrire sur les listes électorales, on comprend le risque d’une participation insignifiante. Autre raison, interne, celle-là, au parti/Etat : les tiraillements. Quasiment partout où les commissions de l’UPR se sont rendues, afin de recueillir les propositions des militants pour les futurs députés et maires, ce fut une véritable guerre de tranchées.  Aucun consensus ne s’est dégagé. D’où le danger, pour ce parti, d’avoir à désigner, lui-même, les candidats, avec ses corollaires de candidatures parallèles et de vote-sanction qui lui porteraient de durs coups. Un peu plus de temps, pour aplanir les divergences et arrondir les angles, ne serait pas de trop.
Tous ces facteurs feront-ils reculer le pouvoir ? Ne pas donner du temps au temps paraît, aujourd’hui, la pire des attitudes, une sorte d’emplâtre sur une jambe de bois, qui augurerait fort mal du prochain quinquennat, objectif central de notre général défroqué. Côté COD, va-t-on assister à un approfondissement du sens de leur opposition au pouvoir, renforçant les liens entre les islamistes et les démocrates plus « laïcs », au-delà des strictes nécessités tactiques ? Et s’il sortait, de tout cela, enfin un modèle intelligent et viable, pour gouverner correctement notre pays musulman, bien dans sa peau et son environnement contemporain ?

                                                                                                                            Ahmed Ould Cheikh

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