dimanche 6 janvier 2013

Editorial : Option irréversible


Voilà, c’est fait. L’UPR a débattu. Débattu des sentiers archi-battus par un nombre impressionnant de ses cadres : la gabegie. Ce n’était pas très compliqué : il suffisait d’ajouter, au slogan pudiquement tu : « la gabegie, une option irréversible » de la plupart de ces messieurs, trois petits mots en exergue : « la lutte contre » et voilà nos gras seigneurs promus en Savonarole de la croisade présidentielle, braillant, à qui mieux mieux, la nouvelle formule magique qu’il fallait avoir le culot, reconnaissons celui-ci à ceux-là, d’oser prononcer. Un petit effort, à l’entrée, pour bien enfouir, dans la poche du boubou, les liasses ouguiyeuses baillant imprudemment, et tout le monde pouvait s’aviser d’écouter, sagement, les conseils déjà mille fois rabâchés mais longtemps piétinés, du vrai croisé, lui, contre la corruption et les détournements de deniers publics.
Mohamed Horma Ould Abdi aura-t-il été entendu, en ce cénacle volage ? Pas vraiment certains, nous avons demandé à l’ancien inspecteur général d’Etat qui fit trembler, en son temps, tant de ces messieurs et dames, de bien vouloir rappeler à tous les Mauritaniens, via nos colonnes, ses propositions pour une lutte efficace contre le terrible fléau qui gangrène notre république : indépendance effective, explicitement réglementée, de l’IGE ; transmission directe de ses dossiers à la justice ; recrutement rigoureux de ses cadres, sur les seuls critères de la compétence et de la probité, constamment renforcés par une formation continue, concrète et précisément adaptée ; fin de toute impunité et sanctions appliquées à tous les contrevenants, hors de toute considération partiale ou clientéliste…
Le plus inouï, dans cette histoire, c’est qu’à l’issue de son intervention, l’homme a été applaudi. Vous me direz, les applaudissements, à l’UPR… Mais, tout de même, cela réduit, un tantinet, les contorsions à venir, s’il prenait, à notre rectificateur en chef, la lubie de suivre les conseils avisés – ô combien ! – du maître inspecteur. On voit mal, d’ailleurs, quelles autres décisions seraient en mesure de faire, de cette croisade tant vantée, autre chose que ce qu’elle s’est révélée être, jusqu’au présent : un nouvel outil, pour le pouvoir, de tordre le cou à qui il veut, où, quand et comment ça lui chante. Alors, puisque la messe a été dite – et bien dite, merci Mohamed Horma Ould Abdi ! – attendons la suite. Nul doute qu’elle nous édifie sur les intentions réelles des caciques de l’UPR et de leur mentor, dans leur lutte « acharnée » contre ce qui nous accable… On aura, alors, tout loisir de choisir, nous, peuple mauritanien, la plus irréversible option qu’il soit.

                                                                                                                           Ahmed Ould Cheikh

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