Voilà, c’est fait. L’UPR a débattu. Débattu des
sentiers archi-battus par un nombre impressionnant de ses cadres : la
gabegie. Ce n’était pas très compliqué : il suffisait d’ajouter, au slogan
pudiquement tu : « la gabegie, une option irréversible » de la
plupart de ces messieurs, trois petits mots en exergue : « la lutte
contre » et voilà nos gras seigneurs promus en Savonarole de la croisade
présidentielle, braillant, à qui mieux mieux, la nouvelle formule magique qu’il
fallait avoir le culot, reconnaissons celui-ci à ceux-là, d’oser prononcer. Un
petit effort, à l’entrée, pour bien enfouir, dans la poche du boubou, les
liasses ouguiyeuses baillant imprudemment, et tout le monde pouvait s’aviser
d’écouter, sagement, les conseils déjà mille fois rabâchés mais longtemps
piétinés, du vrai croisé, lui, contre la corruption et les détournements de
deniers publics.
Mohamed Horma Ould Abdi aura-t-il été entendu, en
ce cénacle volage ? Pas vraiment certains, nous avons demandé à l’ancien
inspecteur général d’Etat qui fit trembler, en son temps, tant de ces messieurs
et dames, de bien vouloir rappeler à tous les Mauritaniens, via nos colonnes,
ses propositions pour une lutte efficace contre le terrible fléau qui
gangrène notre république : indépendance effective, explicitement
réglementée, de l’IGE ; transmission directe de ses dossiers à la
justice ; recrutement rigoureux de ses cadres, sur les seuls critères de
la compétence et de la probité, constamment renforcés par une formation
continue, concrète et précisément adaptée ; fin de toute impunité et sanctions
appliquées à tous les contrevenants, hors de toute considération partiale ou
clientéliste…
Le plus inouï, dans cette histoire, c’est qu’à
l’issue de son intervention, l’homme a été applaudi. Vous me direz, les
applaudissements, à l’UPR… Mais, tout de même, cela réduit, un tantinet, les
contorsions à venir, s’il prenait, à notre rectificateur en chef, la lubie de
suivre les conseils avisés – ô combien ! – du maître inspecteur. On voit
mal, d’ailleurs, quelles autres décisions seraient en mesure de faire, de cette
croisade tant vantée, autre chose que ce qu’elle s’est révélée être, jusqu’au
présent : un nouvel outil, pour le pouvoir, de tordre le cou à qui il
veut, où, quand et comment ça lui chante. Alors, puisque la messe a été dite –
et bien dite, merci Mohamed Horma Ould Abdi ! – attendons la suite. Nul
doute qu’elle nous édifie sur les intentions réelles des caciques de l’UPR et
de leur mentor, dans leur lutte « acharnée » contre ce qui nous
accable… On aura, alors, tout loisir de choisir, nous, peuple mauritanien, la
plus irréversible option qu’il soit.
Ahmed Ould Cheikh
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