mercredi 6 juin 2012

Editorial : De fronde en fronde

L’UPR, le parti fondé par Ould Abdel Aziz pour fédérer le melting-pot, dont un bataillon de députés (indépendants d’abord ; puis ADIL sous Sidioca ; UPR sous Aziz ; et quoi demain ?) qui le soutient, est en train de connaitre ses premières secousses. Plusieurs de ses cadres n’hésitent plus à critiquer la gestion « péerredéiste » menée par son président et en appellent à l’arbitrage d’Ould Abdel Aziz, pour sortir le parti du pétrin où il s’engouffre, petit à petit. Selon eux, le parti n’est plus qu’un moyen de remplir les poches d’une direction sans légitimité, incapable de répondre aux campagnes menées par l’opposition ou de défendre le bilan de son fondateur. L’escalade a atteint son sommet avec la naissance, il y a quelques jours, d’une initiative, dénommée « Club de la Réforme », au sein de l’UPR. La déclaration publiée, à cette occasion, par ces « réformistes » est un véritable pamphlet contre les dirigeants actuels de cette formation politique. Verbatim : « Le mode de fonctionnement du parti est, jusqu’à présent, foncièrement régionaliste, tribaliste et antidémocratique. […] Les théoriciens de l’ancien PRDS se sont infiltrés dans notre parti, pour le prendre en otage et réaliser leurs vils desseins, en lui imposant la ligne de conduite qui leur convient. […] Les deux personnalités centrales du parti (le président et le secrétaire général) n’ont pas été élues suivant la procédure normale, leur désignation s’est faite de manière subtile, arbitraire et non civilisée. […] Les slogans de démocratie que brandit le parti ne sont que des leurres. […] Ce ramassis a, perfidement, trahi Aziz, en le laissant seul, face aux assauts des mouvements racistes tels que « Touche pas à Ma Nationalité », IRA et les têtes brûlées de l’opposition dont le nombre ne dépasse pas trois cent personnes et qui, en réalité, ne représentent qu’eux-mêmes. » Il n’est un secret pour personne qu’Aziz ne tient pas son parti en haute estime. Observateur avisé de la scène politique depuis de longues années, ayant longtemps gravité dans le sillage d’Ould Taya, il connaît, mieux que quiconque, les hommes qu’il a embrigadés pour animer la fronde contre Sidi et qui formeront, plus tard, le noyau dur de l’UPR. Et il est convaincu que quand le vent tournera demain, il ne pourra compter sur personne. De là à dire qu’il encourage les scissions ou les frondes, au sein de ce parti, il n’y a qu’un pas. Qu’on n’hésite plus à franchir, quand on sait qu’au moins deux partis, dits de « jeunes », ont vu le jour avec sa bénédiction et qu’il ne se passe pas un jour sans qu’il ne plaigne que sa majorité fait preuve de frilosité et se laisse distancer par l’opposition, au Parlement et dans la rue. De fronde en fronde, il s’agirait, donc, pour notre Machiavel de service, de toujours diviser pour continuer à régner. Seulement voilà : c’est comme cela que finisse par s’écrouler, illégitimes, tous les pouvoirs, au bout de leurs calculs à la petite semaine… Ahmed Ould Cheikh

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