mercredi 4 janvier 2012

Editorial : Petites misères consulaires

Nous espérions, il y a peu, que la France prît modèle sur l’Espagne, dans les procédures d’accès aux services de son consulat. Rappelons, pour mémoire, qu’il faut débourser 3.000 UM et appeler une société sénégalaise, basée à Dakar, pour obtenir un rendez-vous au consulat français et y déposer une demande de visa. On espérait, disais-je, la modération de la simplicité ibérique sur l’excessive passion des Hexagonaux pour la complication procédurière. Las! C’est le contraire qui a prévalu! L’Espagne vient, en effet, d’adopter le même système, en octroyant le marché à une société indienne basée à… Nouakchott. Cette fois, c’est la société qui reçoit les dossiers pour les transmettre à l’ambassade. Et constituer, ainsi, sa propre base de données sur les demandeurs de visas… Mais pourquoi indienne? Manquerions-nous de sociétés locales sérieuses, pour exécuter ce genre de travail? Certes, la corruption, les passe-droits et autre gabegie sont notre lot quotidien. Mais, tout de même: notre pays n’est pas totalement exsangue, ni de vertueux, ni de compétents et ce n’est, en tout cas, pas en les négligeant qu’on favorisera leur prolifération. Ne comptons pas plus sur nos valeureux députés: aucun d’entre eux n’a jugé bon d’interpeler, la semaine passée, le ministre des Affaires étrangères, sur ce problème. Il faut excuser leur ignorance. Tout comme l’incurie de notre diplomatie qui n’a jamais rien exigé de ces consulats qui malmènent les Mauritaniens, sans respect pour personne, dépensant des milliards pour se terrer, comme des rats, dans des blockhaus inexpugnables, et réduisant, en conséquence, à ce point leurs effectifs qu’ils en deviennent incapables de gérer leurs plus minimales prétentions au prestige international. Vous me direz, les visas et la Mauritanie, dans le concert des nations… C’est vrai mais c’est pourtant dans les petites choses que se construisent – et se détruisent – les grandes…
AOC

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