mercredi 15 décembre 2010

Editorial : Hommage à un Président

Dans le flot d'informations véhiculées par Wikileaks, l'une d'elles n'a pasretenu l'attention. Elle est, pourtant, lourde de significations. Du moins pour nous, Mauritaniens. Lorsque le conseiller de l'ambassade des USA est venu voir Sidi, exilé à Lemden par la junte, pour lui exposer l'idée, défendue par certains de ses soutiens, d'éjecterOuld Abdel Aziz par la force, Sidioca aurait répondu, selon le rapport du diplomate: «Mon combat est démocratique et pacifique». Dans sa situation de l’époque, personne n’aurait, pourtant, crié au scandale s’il n’avait, à tout le moins, pas rejeté l'idée qui lui aurait permis de reprendre son fauteuil ou de rendre, au minimum, le mal qu’on lui avait fait.
C’est dans le même esprit, très certainement, que, recevant, il y a quelques jours, une délégation d'ADIL – le parti qu'il mit sur les fonts baptismaux – venue discuter de la possibilité de rejoindre la majorité présidentielle, l'ancien président rétorqua: «Laposition que vous voulez prendre servira-t-elle le pays et la démocratie? Personnellement, jecrois que non». Un point de vue dont ses interlocuteurs ne semblent pas avoirtenu compte. «Un vieux, couché, peut voir ce que n'apercevra pas un jeune, debout», dit un dicton bien de chez nous.
Parmi les hommages injustement oubliés, lors du cinquantenaire, celui à Sidi Ould Cheikh Abdallahi constitue le plus sûr signe de l’immaturité du pouvoir actuel. A l’instar d’autres grands chefs d’Etat, l’homme n’a jamais accepté de s’effacer devant le coup de force mais il a su le faire devant la nécessité nationale, confiant en l’épanouissement futur de la démocratie. Grande leçon de courage, d’abnégation et de service de la patrie. Témoignage, également, de la confiance en Dieu et dans le peuple mauritanien. Allongé sur son tapis de prières, notre premier président démocratiquement élu contemple, aujourd’hui, un avenir qui nous paraît, à nous les jeunes gambadant dans l’arène, bien incertain. J’ai le sentiment, en ce soir paisible, que celui-là lui donnera, en définitive, amplement raison. Et Dieu, certes, est Le Savant.

AOC

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