mercredi 26 août 2026

Editorial: Jusqu'à quand?

 Les habitants de certains quartiers de Nouakchott, notamment Tevragh Zeïna et une partie de Sebkha, du Ksar et de Toujounine surtout (50 heures quasiment d’affilée relevées à 18h le dimanche ! ) ont vécu un week-end dont le moins qu’on puisse dire est qu’il fut catastrophique. Un poste de transformation de la SOMELEC ayant pris feu, après l’incendie d’un autre, deux jours auparavant à Dar Naïm, toutes ces zones se sont retrouvées dans le noir. Et avaient, du coup, rendez-vous avec l’obscurité, la chaleur et les moustiques. Pour des nantis peu habitués à ce genre de désagréments, ce fut la Totale. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment une société peut laisser un poste de transformation s’embraser sans prendre en amont les mesures pour empêcher une telle calamité. Il n’y avait, semble-t-il, ni système anti-incendie, ni extincteurs, ni équipe de permanence, encore moins de voies d’accès pour permettre l’accès des pompiers qui ont dû casser un mur en urgence, pour accéder enfin au cœur du brasier. 

À présent que le mal est fait, que faut-il faire pour éviter qu’un tel désastre ne se reproduise ? Diligenter une enquête pour situer les responsabilités et, si, comme l’affirment certaines sources, du matériel non conforme a été utilisé lors de la construction du poste, frapper d’une main de fer tous ceux qui, le long de la chaîne, ont participé à ce bousillage. Tant que des mesures radicales ne sont pas prises contre les prévaricateurs, d’autres postes, des centrales et des usines n’ayant pas été construits selon les normes partiront à leur tour en fumée. Jusqu’à quand ? 

                                                                                Ahmed ould Cheikh

mercredi 19 août 2026

Editorial: Servir et non se servir

 Après la Cour des Comptes dont a été publié, l’année dernière, le rapport révélant d’innombrables dysfonctionnements et des cas avérés de mauvaise gestion et de malversations, c’est au tour de l’Inspection Générale d’État de jeter un énorme pavé dans la mare, en publiant à son tour son rapport pour les années 2024 et 2025.

Petit florilège de ce sport national qu’est devenu le détournement des deniers publics : l’IGE a mis au jour, lors de ses missions de contrôle, des irrégularités totalisant un impact financier supérieur à 2,37 milliards d’ouguiyas sur un montant total de 32,86 milliards d’ouguiyas ayant fait l’objet d’un audit. Le rapport a montré que les marchés publics constituaient le domaine le plus exposé aux irrégularités ayant des retombées pécuniaires, représentant 60 % de cet effet. Sur le plan judiciaire, l’impact financier des dossiers transmis aux instances judiciaires compétentes s’est élevé à 1,21 milliard d’ouguiyas ; l’Inspection générale a transmis deux de ceux-là à la Cour des comptes et deux autres au Parquet. Des mesures administratives et disciplinaires ont également été prises à l’encontre de fonctionnaires de différents échelons hiérarchiques, notamment le licenciement de vingt agents, ainsi que la mutation d’office et l’émission de onze avertissements. Excusez du peu ! Et ce ne sont pas tous les ministères et les établissements publics qui ont reçu la visite des limiers de l’IGE : la note allait sans doute être plus salée… Certes, le volume des montants détournés a subi une nette baisse, comparé aux décennies passées, mais beaucoup reste à faire pour faire comprendre à tous les fonctionnaires que servir n’est pas synonyme de se servir.

                                                                          Ahmed ould Cheikh