dimanche 22 novembre 2020

Editorial: J'ai dit bizarre?

 La commission parlementaire a planché six mois dessus. Il a été transmis au Parquet qui en a vérifié la bonne forme. Puis s’est retrouvé entre les mains de la police chargée des crimes économiques et financiers. Le dossier dit de la corruption va- t-il maintenant mourir de sa plus triste mort ? Alors que les auditions des personnes impliquées, avec, à leur tête, l’ex- président Ould Abdel Aziz, se sont achevées depuis plus d’un mois, le dossier n’a toujours été renvoyé au Parquet. Sans qu’aucune explication ne nous soit donnée, à nous autres pauvres citoyens dont les maigres ressources ont été dilapidées pendant une décennie. Certains commencent même à avoir des craintes, à juste titre, qu’il ne finisse en eau de boudin. Témoin de ces atermoiements, les derniers signes du pouvoir donnant l’impression d’une désescalade. D’abord,

l’audience accordée par le président de la République à Isselkou ould Ahmed Izidbih, un des soutiens les plus farouches à Aziz et dont la plume trempée au vitriol n’a ménagé ni la chèvre ni le chou. Reçu au Palais pendant plusieurs heures, il n’a sans doute pas évoqué, avec son hôte, que le temps qu’il fait. Venait-il en médiateur ? Pour s’avancer à telle hypothèse, il n’y a qu’un pas que beaucoup n’ont pas hésité à franchir. Ensuite, la nomination de Dia Malal au poste de secrétaire général du gouvernement. Un geste que l’opinion publique n’arrive toujours pas à s’expliquer. Cité dans le rapport de la CEP, il a été exclu comme d’autres des instances dirigeantes, en attendant que la justice sépare le bon grain de l’ivraie. Et repêché sans autre forme de procès. « Pourquoi lui ? », serait-on tenté de demander. Enfin, le maintien à la tête de la plus importante société publique d’un homme considéré comme l’âme damnée d’Aziz et dont, bizarrement, le Président vient de dire le plus grand bien lors de la réunion des cadres à Zouérate. Coïncidences ? En tout cas, mon cher cousin, vous avez dit bizarre. Bizarre… J’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre…
                                                                                        Ahmed Ould Cheikh

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