samedi 14 novembre 2020

Editorial: Air du temps

 D’après les révélations de QG Magazine mises en ligne vendredi, Donald Trump, l’homme qui se surnomme le « guerrier solitaire », aurait accumulé plus de quatre mille poursuites judiciaires et civiles, à ce jour en suspens. « Il ne peut pas se permettre d’accepter la défaite », commente Timothy Snyder, professeur à Yale, « l’office présidentiel est ce qui le maintient hors de la prison et de la pauvreté ».Une enquête du New-York Times renchérit : « Il n’a payé aucun impôt sur le revenu au cours des dix des quinze années précédentes, en déclarant plus de pertes que de gains ». Et à en croire les révélations de Forbes, il serait dans l’obligation de vendre ses propriétés. Bref : Trump a dilapidé la fortune héritée de ses parents. Celui qui occupait, en 2019, la 275èmeplace du classement Forbes des riches américains croulerait sous les dettes : près de trois cents millions de dollars. Et neuf cents autres millions de sa dette immobilière arriveront à échéance dans les quatre ans à venir, selon le Financial Times.

Air du temps ? Si Ould Abdel Aziz se vante, pour sa part, d’une « colossale » richesse, il n’en est pas  moins en suspens d’un nombre au moins aussi important de poursuites. Comme nous le rappelions dernièrement, la Roche tarpéienne est bel et bien contigüe au Capitole… à moins qu’on y dispose des providentielles « dérivations ». L’enquête judiciaire piétine… Pourquoi le chef de l’État reçoit-il Isselkou Ould Ahmed Izidbih dont les déclarations incendiaires contre le régime sont notoires ? Et qui, dans ses tweets et autres publications, ne tarit pas d’éloges sur l’ancien président, victime, selon lui, d’un règlement de comptes qui ne dit pas son nom. Que se sont dit les deux hommes ? Mission de bons offices ? Ghazwani aurait-il encore des scrupules à juger son ami de quarante ans ? Sinon des craintes à ce qu’il entraîne dans sa chute trop de notabilités… et de privilèges ? Cependant la situation du peuple devient inexorablement intenable, il n’acceptera pas que le gang d’Aziz s’en tire à « bon » compte. La roue tournera, d’une manière ou d’une autre. Fasse le ciel que ce soit dans le calme… car à qui profiterait, au final, une politique du chaos ? Aux USA, Donald Trump l’espère, en s’obstinant à refuser le résultat des urnes. Qui donc en Mauritanie parierait-il sur la déstabilisation du pouvoir ? Par quels biais ?

                                                                                                                                     Ahmed ould Cheikh

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