mercredi 6 octobre 2010

Au colon de la DSPCM: gare au surmenage!

Le site CRIDEM vient de nous informer que la Surveillance se démenait. Un grand S pour désigner la Direction de la Surveillance des Pêches et du Contrôle en Mer (DSPCM) que dirige l’inénarrable colonel Cheikh Ould Ahmed. Ce dernier s’est, en effet, fendu d’une «réponse», en forme de «non-réponse», à une série de trois articles publiés, dans nos colonnes – n° 746, 748 et 755 – par un parlementaire, au nom de l’Assemblée nationale que celui-ci estimait bafouée par un article dudit colonel sur le site de la DSPCM.

Certains s’inquiètent, en Mauritanie, de la qualité des processus de promotion dans l’armée. Le colonel Cheikh se sera, au moins, démené à leur donner raison. On est abasourdi, au Calame, de l’inanité de sa réaction, incapable d’opposer une argumentation ordonnée aux critiques, précises et chiffrées, portées à l’encontre de sa gestion. Inanité mais pas innocuité, puisque le sieur galonné s’est permis d’associer «Le Calame» – qui ne fait qu’accomplir son devoir d’information et d’organisation de débat – à ses insinuations reptiles envers l’honnêteté du parlementaire accusateur. Erreur, mon colonel. Vous parliez de ne plus laisser suffisamment de «plumes» à votre contradicteur au point qu’«il lui en restera, à peine, de quoi confectionner une moustache». Nous avons, nous, au Calame, suffisamment de plumes, trempées au vitriol, si besoin est, pour vous passer jusqu’à l’idée de nous attaquer aussi bassement.

Pour monsieur le délégué, l’analyse du député, sinon complète, du moins fort documentée de la situation, serait «cris de sevrage d’un bébé quinquagénaire», «privé d’un argent facile», suite à la «neutralisation de la corruption au sein de la DSPCM»… Cris «amplifiés par un petit comité composite de rédaction: journalistes, élus et anciens avocats, tonton macout [sic!], comptable renvoyé, etc.» Sinon à supputer un problème très personnel de sevrage – qui veut noyer son chien l’accuse de sa propre rage – on saisit mal le cheminement de pensée du pauvre colonel dont la hiérarchie devrait sérieusement étudier l’anticipation de la retraite – le gagatisme a, hélas, ses contraintes. On sait de quoi le malheureux souffre, depuis sa naissance. On espérait, cependant, qu’il garderait, au moins, assez de raisonnement pour répondre à peu près intelligemment à une critique ordonnée de ses velléités de protection de la ressource halieutique.

Sa défense aura tenu en quelques lignes: «Nul ne peut nier que des objectifs importants ont été atteints […]: restauration de l’autorité de l’Etat dans le secteur des pêches […], «presque» [sic!] protection de la zone interdite […], maîtrise de la migration illégale». Et cependant, «nul ne peut nier» que la richesse de notre littoral s’étiole, inexorablement. «Nul ne peut nier» la très grande baisse des captures de toutes les espèces, observée par tous les bateaux. «Nul ne peut nier» le très faible rendement, en particulier de la pêche de fond (poulpe et espèces valorisées). «Nul ne peut nier» la menace, exponentielle, sur la pérennité de l’activité de pêche, aussi bien artisanale qu’industrielle. «Nul ne peut nier» la faiblesse des exportations (1.000 tonnes par mois de poisson de fond, vers l’Union Européenne)…

Qui donc niera, à présent, la débilité de l’action du colonel Cheikh Ould Ahmed, à la tête de la DSPCM? Et nous ne parlons pas, pour l’instant, de ses probables manquements éthiques… En votre qualité militaire, vous savez, peut-être, ce que c’est, monsieur l’apprenti-pamphlétaire: il faut toujours se réserver, dans le combat, quelques grenades offensives… Mais vous vous démeniez, disiez-vous? Gare, à présent, au surmenage…

Les plumes du Calame

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