dimanche 15 février 2015

Editorial: Dialogue, dialogue...

La semaine dernière, Ahmed Ould Daddah a été accueilli, à l’aéroport, par des centaines de militants de son parti. Le leader du RFD revenait d’Abidjan où il dirigeait une mission de médiation de l’Internationale Socialiste (IS), dont il est le vice-président, pour réconcilier leurs « frères » ivoiriens. La nouvelle aurait pu passer inaperçue, n’eût été le contexte. Cela fait quand même une éternité qu’Ould Daddah n’a pas fait l’objet d’un accueil populaire, ses sympathisants ne se mobilisant qu’en vue d’une consultation électorale. Ce qui était tout sauf envisageable, il y a quelques jours encore. Mais la donne semble avoir subitement changé, avec l’offre de dialogue du pouvoir d’Ould Abdel Aziz.
La proposition, en dix-huit points, remise, au secrétaire exécutif du FNDU, par le Premier ministre, avant que le Président ne l’écarte, au profit d’un revenant, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, a certes fait l’objet d’une réponse du Front. Mais, question que tout le monde se pose et qui conditionne tout le reste, le RFD prendra-t-il part ou non au dialogue en préparation ? Avant son départ pour la capitale ivoirienne, le président du RFD avait déjà planté le décor. Pour lui, il n’y a pas de dialogue possible avec un tel pouvoir qui n’a cessé de renier ses engagements et il n’est pas envisageable de toucher la Constitution. Même pour reculer l’âge des candidats à la présidentielle. Depuis, c’est le branle bas de combat dans les états-majors. Une fois encore, la position du RFD devient primordiale, pour le sort des futures négociations. Comme lors des coups d’Etat de 2005 et 2008, lorsque la caution de l’opposant historique qu’est Ould Daddah se révéla nécessaire, pour légitimer la prise de pouvoir par les armes. Mais à chaque fois, on lui a retiré le tapis sous les pieds.
Cette fois, celui qu’on a roulé, plusieurs fois, dans la farine, ne veut plus être le dindon de la farce. Il ne s’engagera plus dans un processus dont il ne maîtrise pas les tenants et les aboutissants. Ou, tout au moins, obtenir de sérieuses garanties sur la parole donnée, échangée, partagée. On ne saurait trop lui reprocher cette exigence : le fondement du dialogue, n’est-ce pas le logos ? La parole, donc ? Sans parler du respect que tout citoyen – a fortiori donc, le Président – de la République réputée Islamique de Mauritanie se devrait de lui porter, en toute circonstance…
                                                                                                       Ahmed Ould Cheikh

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