dimanche 20 novembre 2011

Editorial : Epuisant retour aux sources

Rebelote ! Chaque année, on fait les mêmes erreurs et on n’en tire aucune leçon. Avant le départ de Nouakchott, les pèlerins (ceux qui prennent les vols affrétés par le ministère de l’Orientation Islamique) sont parqués à la mosquée Ibn Abass où ils peuvent attendre de longues heures, sous le soleil, avant de s’embarquer. Arrivés à Jeddah, c’est par autobus qu’ils sont acheminés vers Médine: plus de 14 heures de route! Dans la ville du prophète – Paix et Bénédictions sur Lui (P.S.L.) – ils ont été délogés, cette année, six jours avant le début du pèlerinage, de l’immeuble où ils étaient hébergés. Et les voilà, du coup, réexpédiés, avant l’heure, à La Mecque!
Puis vint le Jour J ou ils doivent être acheminés vers Mina, première étape du pèlerinage proprement dit, et les mauritaniens obligés d’occuper la rue, pour qu’on consente, enfin, à mettre des bus à la disposition de quelques-uns d’entre eux. Les autres, astreints à cheminer à pied. Même calvaire, le lendemain, pour se rendre à Arafat. Pour ceux qui l’ignorent, dix kilomètres, tout de même, séparent Mina d’Arafat. Obèses, diabétiques et autres cardiaques, appréciez le retour aux sources bédouines ! Puis, c’est Mouzdalifa et, à nouveau, Mina: toujours le laisser-aller, le je-m’en-foutisme général, pas d’interlocuteur, pèlerins abandonnés à leur sort. On aperçoit, même, de hauts responsables, membres de la délégation officielle mauritanienne, couchés à même le sol de Mina. Retour aux sources bédouines, vous dis-je!
Ce n’est pas le cas de tous les pèlerins. Chaque pays a sa propre mission résidente et permanente qui prend soin de ses ressortissants. Chaque pays, sauf… allez, je vous laisse deviner! Bah, me direz-vous, faire le pèlerinage, c’est le rêve de tout mauritanien, mâle ou femelle! C’est vrai. Tout un chacun espère accomplir, un jour, ce devoir essentiel. Encore faut-il en revenir. Cette année, les trois derniers vols pour Nouakchott seront retardés d’une semaine. Certains et certaines vont se retrouver, à court d’argent, dans de bien beaux draps.
On est ému, en tout cas, de voir tant de pèlerins arborer fièrement leur drapeau national… Tous les pays du monde, vous rendez-vous compte ? Quant à nous, pauvres que nous sommes, on se dit que la Mauritanie a, encore, beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir… Mais, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Avant, c’était notre consulat à Jeddah qui « organisait » - admettons, pieusement, le terme – notre séjour. Cette année, ce fut le ministère de l’orientation islamique, un peu désorienté, nous a-t-il clairement paru. Mais bon, cela n’empêchera pas, louange à Dieu, les Mauritaniens de se tourner, encore et toujours, vers l’Orient. C’est vivifiant, le retour aux sources.

Ahmed Ould Cheikh

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