L’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), certaines organisations des droits de l’Homme, des partis politiques et des membres de la diaspora ont organisé, le lundi 28 novembre, une visite hautement symbolique du lieu où, le 28 novembre 1990, vingt-huit militaires négro-mauritaniens furent pendus, haut-et-court, sans autre forme de procès, par leurs «frères d’armes». C’était à Inal, petite bourgade non loin de Nouadhibou, traversée par le train minéralier et dont le nom est devenu synonyme de barbarie, d’arbitraire et d’ignominie.
Parti de Nouakchott le 27 novembre, le convoi d’une trentaine de véhicules n’a pu rejoindre Inal qu’au bout de 24 heures de tracasseries en tous genres, de la part des gendarmes et des éléments du nouveau Groupement de la Sécurité des Routes (GSR) qui fait, ainsi, son baptême du feu, en matière de désagréments… routiers. Cartes d’identité, papiers des voitures, extincteurs, triangle de signalisation, tout a été demandé aux caravaniers dont les bagages ont été soumis à de minutieuses fouilles. Une façon de leur faire perdre du temps mais ils ont tenu bon et réussi à se recueillir sur les tombes des disparus, dans un moment d’intense émotion. C’est, en effet, la première fois que des parents des victimes parviennent à se rendre en ce lieu. Des veuves, des mères, des enfants qui n’ont pas connu leur père ont pleuré les leurs, fauchés par des mains assassines.
L’événement aurait été normal, la délégation se serait recueillie sur les tombes d’Inal, en toute simplicité et discrétion, et revenir de même, n’eût la bêtise des tracasseries sur la route. Comme si le pouvoir avait quelque chose à se reprocher, en cette affaire. Ould Abdel Aziz n’a-t-il pas poursuivi le processus entamé sous Sidioca? N’a-t-il pas demandé pardon, à Kaédi, et accompli la prière aux morts? N’a-t-il pas versé des indemnisations aux familles des victimes? Pourquoi se mettre, alors, en position d’accusé? Serait-il si mal conseillé ou si mal entouré qu’il n’est plus capable de discernement?
Il aurait été plus judicieux d’envoyer, à Inal, des membres du gouvernement ou, à défaut, de hauts responsables, édifier une stèle, à la mémoire des disparus, comme on l’a fait pour les français assassinés, en 2007, à Aleg. Et en faire de même, pourquoi pas, partout où la bêtise humaine a sévi.
Le chemin de la réconciliation nationale est encore long. Accompli à pas de maure – deux pas en avant, un pas à trois en arrière, selon l’humeur du jour – c’est offrir, aux extrémistes de tous bords, le loisir d’exploiter malignement les impatiences. Enfourchons, plutôt, le fringant coursier de l’intégration, quotidienne, entre les différentes communautés, en primant le moindre acte de partage et réprimant les rétentions de pouvoir. Il en va de notre survie. Nous n’avons que trop souffert des menées racistes et oligarchiques. Notre jeunesse, largement majoritaire en notre pays, est, de plus en plus, au fait de ce que signifie la démocratie. N’attendons pas qu’elle nous l’enseigne dans les clameurs contestataires, vivons-la. Paisiblement. En révisant, pratiquement, quotidiennement, la répartition de nos richesses, de nos savoirs et des pouvoirs. Qu’enfin chacun puisse constater que, oui, la Mauritanie devient une nation musulmane. Juste, honorable et fraternelle.
Ahmed Ould Cheikh
mercredi 7 décembre 2011
jeudi 24 novembre 2011
Editorial : Bisbilles mauritano-marocaines
Entre le Maroc et la Mauritanie, rien ne va plus désormais. Après avoir entériné, dès les premiers jours, le coup d’Etat d’août 2008, en dépêchant, à Nouakchott, le chef de son contre-espionnage, Massine Mansouri (!) et joué un grand rôle, pour la reconnaissance internationale d’Ould Abdel Aziz, le royaume chérifien montre de plus en plus de signes d’énervement, vis-à-vis de celui dont il pensait se faire un allié. Pour diverses raisons, dont certaines ne sont pas nécessairement diplomatiques. A commencer par le report, à trois reprises, d’une visite officielle que le chef de l’Etat mauritanien projetait d’accomplir au Maroc, dont au moins deux à la demande de celui-ci, en raison du calendrier chargé du Roi Mohamed VI. Notre encombrant voisin du Nord, très susceptible lorsqu’il s’agit de l’Algérie, a, semble-t-il, très peu apprécié la coordination entre cette dernière et la Mauritanie, dans le cadre de la lutte contre AQMI. Il n’en faut pas plus pour que certains journaux marocains – aux ordres, bien évidemment – s’en donnent à coeur joie. Un d’entre eux publiant une caricature où l’on voyait Bouteflika porter, dans ses bras, les deux Ould Abdel Aziz (de la Mauritanie et du Polisario), et déclarer: ‘’ce sont mes deux Abdel Aziz préférés’’. D’autres tirant, à boulets rouges, sur un pouvoir mauritanien qui a ‘’osé tourner le dos au Maroc’’. Il y eut, ensuite, la concurrence, acharnée, que les deux pays se sont livrés pour le poste de membre non permanent du Conseil de sécurité, emporté, haut la main, par le Maroc. Même l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI), restée, jusqu’à présent, en dehors des vicisssitudes de la politique, n’a accordé des bourses d’étude qu’à un nombre très réduit d’étudiants mauritaniens. Officiellement, faute de places, suite à l’arrivée, massive, d’étudiants libyens, tunisiens et syriens. Mais tout le monde sait que la raison réside ailleurs. Même lorsque les relations diplomatiques entre les deux pays furent rompues, l’AMAMCO (l’ancêre de l’AMCI) ne cessa d’accueillir les étudiants mauritaniens, à bras ouverts. C’était, il est vrai, au temps de Hassan II: le Maroc a bien changé, depuis.
Ould Abdel Aziz avait, pourtant, offert une concession de taille, au Maroc. En envoyant, l’année dernière, son ambassadeur au Maroc dans les provinces sahariennes où il s’était fendu d’une déclaration sur «les progrès qui s’y étaient accomplis», il reconnaissait, de fait, la tutelle du royaume sur la zone, alors que la Mauritanie n’est, pourtant, jamais revenue sur la reconnaissance de la République sahraouie, en 1983.
L’Algérie n’avait pas fait grand cas de l’affaire, persuadée, sans doute, que la lune de miel, entre ses deux voisins, n’allait pas durer une éternité. Et que l’impatience du Maroc finirait bien par avoir raison de la patience, légendaire, des Mauritaniens. Même ceux qui sont censés cultiver les meilleures dispositions à son égard. On se demande, à présent, où s’arrêteront les bisbilles. Et qui fera le premier pas pour calmer le jeu?
Ahmed Ould Cheikh
Ould Abdel Aziz avait, pourtant, offert une concession de taille, au Maroc. En envoyant, l’année dernière, son ambassadeur au Maroc dans les provinces sahariennes où il s’était fendu d’une déclaration sur «les progrès qui s’y étaient accomplis», il reconnaissait, de fait, la tutelle du royaume sur la zone, alors que la Mauritanie n’est, pourtant, jamais revenue sur la reconnaissance de la République sahraouie, en 1983.
L’Algérie n’avait pas fait grand cas de l’affaire, persuadée, sans doute, que la lune de miel, entre ses deux voisins, n’allait pas durer une éternité. Et que l’impatience du Maroc finirait bien par avoir raison de la patience, légendaire, des Mauritaniens. Même ceux qui sont censés cultiver les meilleures dispositions à son égard. On se demande, à présent, où s’arrêteront les bisbilles. Et qui fera le premier pas pour calmer le jeu?
Ahmed Ould Cheikh
dimanche 20 novembre 2011
Editorial : Epuisant retour aux sources
Rebelote ! Chaque année, on fait les mêmes erreurs et on n’en tire aucune leçon. Avant le départ de Nouakchott, les pèlerins (ceux qui prennent les vols affrétés par le ministère de l’Orientation Islamique) sont parqués à la mosquée Ibn Abass où ils peuvent attendre de longues heures, sous le soleil, avant de s’embarquer. Arrivés à Jeddah, c’est par autobus qu’ils sont acheminés vers Médine: plus de 14 heures de route! Dans la ville du prophète – Paix et Bénédictions sur Lui (P.S.L.) – ils ont été délogés, cette année, six jours avant le début du pèlerinage, de l’immeuble où ils étaient hébergés. Et les voilà, du coup, réexpédiés, avant l’heure, à La Mecque!
Puis vint le Jour J ou ils doivent être acheminés vers Mina, première étape du pèlerinage proprement dit, et les mauritaniens obligés d’occuper la rue, pour qu’on consente, enfin, à mettre des bus à la disposition de quelques-uns d’entre eux. Les autres, astreints à cheminer à pied. Même calvaire, le lendemain, pour se rendre à Arafat. Pour ceux qui l’ignorent, dix kilomètres, tout de même, séparent Mina d’Arafat. Obèses, diabétiques et autres cardiaques, appréciez le retour aux sources bédouines ! Puis, c’est Mouzdalifa et, à nouveau, Mina: toujours le laisser-aller, le je-m’en-foutisme général, pas d’interlocuteur, pèlerins abandonnés à leur sort. On aperçoit, même, de hauts responsables, membres de la délégation officielle mauritanienne, couchés à même le sol de Mina. Retour aux sources bédouines, vous dis-je!
Ce n’est pas le cas de tous les pèlerins. Chaque pays a sa propre mission résidente et permanente qui prend soin de ses ressortissants. Chaque pays, sauf… allez, je vous laisse deviner! Bah, me direz-vous, faire le pèlerinage, c’est le rêve de tout mauritanien, mâle ou femelle! C’est vrai. Tout un chacun espère accomplir, un jour, ce devoir essentiel. Encore faut-il en revenir. Cette année, les trois derniers vols pour Nouakchott seront retardés d’une semaine. Certains et certaines vont se retrouver, à court d’argent, dans de bien beaux draps.
On est ému, en tout cas, de voir tant de pèlerins arborer fièrement leur drapeau national… Tous les pays du monde, vous rendez-vous compte ? Quant à nous, pauvres que nous sommes, on se dit que la Mauritanie a, encore, beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir… Mais, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Avant, c’était notre consulat à Jeddah qui « organisait » - admettons, pieusement, le terme – notre séjour. Cette année, ce fut le ministère de l’orientation islamique, un peu désorienté, nous a-t-il clairement paru. Mais bon, cela n’empêchera pas, louange à Dieu, les Mauritaniens de se tourner, encore et toujours, vers l’Orient. C’est vivifiant, le retour aux sources.
Ahmed Ould Cheikh
Puis vint le Jour J ou ils doivent être acheminés vers Mina, première étape du pèlerinage proprement dit, et les mauritaniens obligés d’occuper la rue, pour qu’on consente, enfin, à mettre des bus à la disposition de quelques-uns d’entre eux. Les autres, astreints à cheminer à pied. Même calvaire, le lendemain, pour se rendre à Arafat. Pour ceux qui l’ignorent, dix kilomètres, tout de même, séparent Mina d’Arafat. Obèses, diabétiques et autres cardiaques, appréciez le retour aux sources bédouines ! Puis, c’est Mouzdalifa et, à nouveau, Mina: toujours le laisser-aller, le je-m’en-foutisme général, pas d’interlocuteur, pèlerins abandonnés à leur sort. On aperçoit, même, de hauts responsables, membres de la délégation officielle mauritanienne, couchés à même le sol de Mina. Retour aux sources bédouines, vous dis-je!
Ce n’est pas le cas de tous les pèlerins. Chaque pays a sa propre mission résidente et permanente qui prend soin de ses ressortissants. Chaque pays, sauf… allez, je vous laisse deviner! Bah, me direz-vous, faire le pèlerinage, c’est le rêve de tout mauritanien, mâle ou femelle! C’est vrai. Tout un chacun espère accomplir, un jour, ce devoir essentiel. Encore faut-il en revenir. Cette année, les trois derniers vols pour Nouakchott seront retardés d’une semaine. Certains et certaines vont se retrouver, à court d’argent, dans de bien beaux draps.
On est ému, en tout cas, de voir tant de pèlerins arborer fièrement leur drapeau national… Tous les pays du monde, vous rendez-vous compte ? Quant à nous, pauvres que nous sommes, on se dit que la Mauritanie a, encore, beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir… Mais, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Avant, c’était notre consulat à Jeddah qui « organisait » - admettons, pieusement, le terme – notre séjour. Cette année, ce fut le ministère de l’orientation islamique, un peu désorienté, nous a-t-il clairement paru. Mais bon, cela n’empêchera pas, louange à Dieu, les Mauritaniens de se tourner, encore et toujours, vers l’Orient. C’est vivifiant, le retour aux sources.
Ahmed Ould Cheikh
mardi 25 octobre 2011
Editorial : Une avancée… soporifique?
La session officielle du dialogue politique, ouverte il y a plus d’un mois, est achevée! Voilà deux ans qu’on l’attendait, que tout le monde l’appelait de ses vœux et pfuiiiiiiit, la voici apparue et disparue, sans rien changer à notre présent! Et certainement pas grand chose à notre avenir. Qu’aurons-nous de plus, en effet, suite à plus d’un mois de discussions et de marchandages? une CENI, une criminalisation des coups d’Etat – ceux qui auraient lieu après le dialogue, les précédents étant, explicitement et définitivement, prescrits – et de l’esclavage, dans le préambule de notre Constitution; 146 députés, au lieu de 95; une loi interdisant le nomadisme politique de ceux-ci; une HAPA politisée; la dissolution des partis ayant obtenu moins de 1%, lors de deux consultations électorales successives; l’interdiction, pour l’armée, d’interférer dans le jeu politique et l’obligation, pour le leader institutionnel de l’opposition, d’être un élu. Certains y ont vu une grande avancée, pour une démocratie qui balbutie depuis sa naissance. D’autres, comme la Coordination de l’opposition (ou ce qui en reste), n’y voient que de la poudre aux yeux pour continuer à endormir l’opinion et les partenaires au développement. En tout cas, cette «avancée», pour être complète, aurait dû englober le Sénat dont tout le monde attendait la suppression, tant il coûte cher au contribuable, pour un résultat nul; le nomadisme politique des conseillers municipaux dont les voix, achetées à vil prix, profitent, surtout, au parti au pouvoir; les moyens de rendre la justice réellement indépendante et l’école véritablement efficiente et des «garanties fiables sur la neutralité de l’institution militaire» – pour reprendre les termes du communiqué de la COD – qui nous a déjà joué de bien mauvais tours.
Que faut-il en déduire? Que nous avons, désormais, une démocratie parfaite qui ne sentira plus les odeurs de Rangers? Ou que nous sommes, encore, sous la tutelle d’une institution militaire qui nous aime au point de ne plus vouloir nous quitter des yeux? Il y a, en tout état de cause, deux dangereux précédents : le coup d’Etat du 6 août 2008 qui a mis fin, brutalement, à une expérience démocratique unique, dans le monde arabe, et les Accords de Dakar, signés, en 2009, en présence des représentants de la Communauté internationale, et dont la seconde clause – après celle prévoyant une élection présidentielle –n’aura été appliquée que deux ans après. Et au rabais, s’il vous plaît! Si ce n’est pas un irrespect des engagements, ça lui ressemble, quand même, étrangement. Faut-il, du coup et par déduction, s’attendre à ce que le pouvoir louvoie, de nouveau, et essaie de gagner du temps, pour ne pas avoir à appliquer ce nouvel accord? Contrairement à 2009, il dispose, cette fois, d’une plus grande marge de manœuvres, de nouvelles élections ne pouvant être organisées avant deux ou trois ans. Les anciennes cartes d’identité sont périmées et, si le gouvernement décrétait qu’elles sont encore valables, des milliers et des milliers de jeunes ayant atteint l’âge de voter ne disposeraient pas du précieux sésame, pour s’acquitter de leur devoir civique. Et personne ne sait quand les nouvelles cartes d’identité, issues de l’enrôlement, malmené mais toujours en cours, seront disponibles. Il va falloir, donc, se taper notre Parlement actuel, pendant un bout de temps encore. Heureusement que les députés de l’opposition apportent un minimum de contradiction, dans ses assoupissements monocordes...
Ahmed Ould Cheikh
Que faut-il en déduire? Que nous avons, désormais, une démocratie parfaite qui ne sentira plus les odeurs de Rangers? Ou que nous sommes, encore, sous la tutelle d’une institution militaire qui nous aime au point de ne plus vouloir nous quitter des yeux? Il y a, en tout état de cause, deux dangereux précédents : le coup d’Etat du 6 août 2008 qui a mis fin, brutalement, à une expérience démocratique unique, dans le monde arabe, et les Accords de Dakar, signés, en 2009, en présence des représentants de la Communauté internationale, et dont la seconde clause – après celle prévoyant une élection présidentielle –n’aura été appliquée que deux ans après. Et au rabais, s’il vous plaît! Si ce n’est pas un irrespect des engagements, ça lui ressemble, quand même, étrangement. Faut-il, du coup et par déduction, s’attendre à ce que le pouvoir louvoie, de nouveau, et essaie de gagner du temps, pour ne pas avoir à appliquer ce nouvel accord? Contrairement à 2009, il dispose, cette fois, d’une plus grande marge de manœuvres, de nouvelles élections ne pouvant être organisées avant deux ou trois ans. Les anciennes cartes d’identité sont périmées et, si le gouvernement décrétait qu’elles sont encore valables, des milliers et des milliers de jeunes ayant atteint l’âge de voter ne disposeraient pas du précieux sésame, pour s’acquitter de leur devoir civique. Et personne ne sait quand les nouvelles cartes d’identité, issues de l’enrôlement, malmené mais toujours en cours, seront disponibles. Il va falloir, donc, se taper notre Parlement actuel, pendant un bout de temps encore. Heureusement que les députés de l’opposition apportent un minimum de contradiction, dans ses assoupissements monocordes...
Ahmed Ould Cheikh
jeudi 13 octobre 2011
Editorial : La Mauritanie avant tout!
Notre pays a connu, la semaine dernière, des événements d’une rare violence. A Kaédi et à Maghama, des jeunes, qui protestaient contre l’enrôlement ‘’discriminatoire’’, se sont, violemment, heurtés aux forces de sécurité. Un jeune est même mort, victime de la bêtise humaine. D’autres ont été blessés par balles. A Nouakchott aussi, le jeudi dernier a été chaud. La Médina 3 avait un air d’Intifada. Des dizaines de manifestants se sont retrouvés sous les verrous, après l’intervention, musclée, de la police.
Comment en est-on arrivé là? Depuis quelques mois déjà, la rumeur n’a cessé de s’amplifier, comme quoi les Négro-mauritaniens seraient dans la ligne de mire des commissions d’enrôlement qui contestent leur mauritanité. D’illustres membres de cette communauté se seraient même vus refuser l’enrôlement, au motif qu’ils ne connaissaient pas un tel ou un tel. Des personnalités maures, connues elles aussi, ont fait les frais du zèle de ces commissions. Pourtant, personne n’a crié à la discrimination. Il n’en fallait pas plus pour que les sites et autres forums de discussion s’emparent de la question et tentent de réveiller les vieux démons. Chacun d’entre nous a encore en mémoire les tristes événements de 1989 et personne n’a intérêt à ce qu’ils se renouvellent. Il faut combattre, d’abord, les pêcheurs en eaux troubles. Il y a une lutte à mener, comme pour le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire. Nous les avons menées et les menons, ensemble. Et les gagneront, ensemble. Faisons de même pour celle-là. Sans haine, ni exclusion. L ‘enrôlement est discriminatoire? Battons-nous tous, mains dans la main, pour qu’il ne le soit plus. Les commissions d’enrôlement sont inégalitaires? Marchons, écrivons, dénonçons, pour que tout le monde ait les mêmes chances de s’inscrire. A quoi sert-il de se frotter au système de répression du régime, quand les forces sont inégales? De s’attaquer aux membres d’autres communautés au risque de se faire des ennemis? De piller les biens d’autrui? De détruire tout sur son passage? Un facebookeur rappelait, l’autre jour, ce que disait un sage: ‘’Le pire ennemi d’une cause noble, c’est le comportement ignoble’’.
La Mauritanie est un pays trop fragile pour supporter des secousses à caractère ethnique. Elle est notre bien commun. Faisons en sorte de la préserver de nos propres turpitudes. Battons-nous, dans la légalité, pour faire prévaloir nos droits. Luttons contre ce régime, s’il s’avère qu’il cherche à nous diviser. Les peuples tunisien et égyptien ont démontré qu’on peut avoir raison de pouvoirs solidement assis, sans recourir à la violence. Qui, à son tour, appelle la violence. Cercle vicieux. Alors qu’il s’agirait d’établir un cercle de vertus et de solidarité. En lançant, par exemple, un mouvement national de désenrôlement, appelant tous les citoyens à signer nominativement une pétition en ce sens… Jeunes du TPN et autres militants de février, soyez inventifs, à la rencontre de tous les Mauritaniens! C’est en réalisant son unité que le peuple devient invincible!
AOC
Comment en est-on arrivé là? Depuis quelques mois déjà, la rumeur n’a cessé de s’amplifier, comme quoi les Négro-mauritaniens seraient dans la ligne de mire des commissions d’enrôlement qui contestent leur mauritanité. D’illustres membres de cette communauté se seraient même vus refuser l’enrôlement, au motif qu’ils ne connaissaient pas un tel ou un tel. Des personnalités maures, connues elles aussi, ont fait les frais du zèle de ces commissions. Pourtant, personne n’a crié à la discrimination. Il n’en fallait pas plus pour que les sites et autres forums de discussion s’emparent de la question et tentent de réveiller les vieux démons. Chacun d’entre nous a encore en mémoire les tristes événements de 1989 et personne n’a intérêt à ce qu’ils se renouvellent. Il faut combattre, d’abord, les pêcheurs en eaux troubles. Il y a une lutte à mener, comme pour le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire. Nous les avons menées et les menons, ensemble. Et les gagneront, ensemble. Faisons de même pour celle-là. Sans haine, ni exclusion. L ‘enrôlement est discriminatoire? Battons-nous tous, mains dans la main, pour qu’il ne le soit plus. Les commissions d’enrôlement sont inégalitaires? Marchons, écrivons, dénonçons, pour que tout le monde ait les mêmes chances de s’inscrire. A quoi sert-il de se frotter au système de répression du régime, quand les forces sont inégales? De s’attaquer aux membres d’autres communautés au risque de se faire des ennemis? De piller les biens d’autrui? De détruire tout sur son passage? Un facebookeur rappelait, l’autre jour, ce que disait un sage: ‘’Le pire ennemi d’une cause noble, c’est le comportement ignoble’’.
La Mauritanie est un pays trop fragile pour supporter des secousses à caractère ethnique. Elle est notre bien commun. Faisons en sorte de la préserver de nos propres turpitudes. Battons-nous, dans la légalité, pour faire prévaloir nos droits. Luttons contre ce régime, s’il s’avère qu’il cherche à nous diviser. Les peuples tunisien et égyptien ont démontré qu’on peut avoir raison de pouvoirs solidement assis, sans recourir à la violence. Qui, à son tour, appelle la violence. Cercle vicieux. Alors qu’il s’agirait d’établir un cercle de vertus et de solidarité. En lançant, par exemple, un mouvement national de désenrôlement, appelant tous les citoyens à signer nominativement une pétition en ce sens… Jeunes du TPN et autres militants de février, soyez inventifs, à la rencontre de tous les Mauritaniens! C’est en réalisant son unité que le peuple devient invincible!
AOC
Faire simple quand on peut faire compliqué ?
Combien y-a-t-il de diplomates mauritaniens? Quelques centaines, à tout casser. Combien d’entre eux sont-ils susceptibles d’avoir à se rendre en France? Guère plus du quart, probablement. Bref: un petit monde connu; qui devrait l’être, en tout cas, de la diplomatie française, de si longue date amie de la nôtre. Hé bien, non, cela semble trop à notre chère ex-coloniale. Un diplomate mauritanien, s’il doit se rendre en France, doit passer, comme le moindre quidam, par le service des visas du consulat français à Nouakchott. Et ce n’est pas si simple. Car les nouvelles procédures, pour obtenir un rendez-vous avec l’ambassade obligent de passer par un opérateur basé au Sénégal. Pas un français ni un mauritanien, non, un sénégalais. Peut-être faudrait-il envisager de sous-traiter notre diplomatie au Sénégal?
L’Espagne, quant à elle, a compris l’inanité de telles procédures, assez humiliantes, c’est le moins qu’on puisse dire. Vous imaginez un diplomate français, devant se rendre en Mauritanie, obligé de s’adresser à un opérateur russe ou chinois, voire teuton? Bref. Les Espagnols, disais-je, ont décidé, tout simplement, de dispenser de visa tous les détenteurs de passeports diplomatiques mauritaniens. C’est poli et de bon ton. Même pragmatique, si l’on prend la peine d’y réfléchir à deux fois. Mais bon, la France sarkozienne ne semble guère avoir de tels soucis. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? La question ne cessera de tarauder, probablement, l’immigré de seconde génération en charge de l’ex-puissance impériale, jusqu’à sa non-réélection très attendue. Et l’on se prend à espérer que son suivant – ou suivante – soit plus à l’aise dans ses pompes…
L’Espagne, quant à elle, a compris l’inanité de telles procédures, assez humiliantes, c’est le moins qu’on puisse dire. Vous imaginez un diplomate français, devant se rendre en Mauritanie, obligé de s’adresser à un opérateur russe ou chinois, voire teuton? Bref. Les Espagnols, disais-je, ont décidé, tout simplement, de dispenser de visa tous les détenteurs de passeports diplomatiques mauritaniens. C’est poli et de bon ton. Même pragmatique, si l’on prend la peine d’y réfléchir à deux fois. Mais bon, la France sarkozienne ne semble guère avoir de tels soucis. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? La question ne cessera de tarauder, probablement, l’immigré de seconde génération en charge de l’ex-puissance impériale, jusqu’à sa non-réélection très attendue. Et l’on se prend à espérer que son suivant – ou suivante – soit plus à l’aise dans ses pompes…
jeudi 29 septembre 2011
Editorial : Droit de véto
Le droit de veto, ça en a des formes. Par exemple, comment ouvrir les médias, en Mauritanie, en exerçant un droit de veto tout à fait contraire à l’esprit de démocratisation à tout-crin qu’on prétend promouvoir ? Réponse : en glissant, dans le texte de loi ordonnant cette ouverture, un montant exorbitant pour obtenir une licence d’exploitation : dix millions d’ouguiyas, pour une simple radio! Les professionnels de la presse libre attendaient, depuis vingt ans, une ouverture des médias qui place, enfin, notre pays au même rang que les pays de la sous-région. Dans les colloques, nos voisins se gaussaient gentiment : «alors, la Mauritanie, toujours à la traîne ? Au moins, vous vous distinguez des autres… » Dix millions d’ouguiyas. Autant dire : les pros de la presse libre, dehors du marché! Ou, alors, passez par les fourches caudines de nos forces d’argent, banquiers, hommes d’affaires et consorts! Si, si, je suis sûr qu’ils vont aimer ce genre de mécénat!
Par quel tour de passe-passe, Obama, notre défenseur afro-européen américanisé des droits de l’Homme, va-t-il, lui, justifier de son droit de veto, au conseil de sécurité des Nations-Unies, pour contrer la saisine de Mahmoud Abbas, pour la fondation, enfin, de l’Etat de Palestine, condition inséparable de celle de l’Etat d’Israël, lors de la résolution 181 du 29 novembre 1947? Soixante-cinq ans que cette résolution est piétinée, et que la comédie perdure, avec la seule fondation de la Sionie, caricature de ce que devrait être un Etat juif. Soixante-cinq ans que les Sionistes bafouent toutes les résolutions des Nations-Unies, guerroyant ici, invoquant, là, des feuilles de route, des plans de paix, des accords d’Oslo ou de Madrid, appuyés par des quintettes, des quartettes, et autres trompettes à musique variable, mais colonisant, toujours, à tout-va. Les négociations sont rompues, les « gens des territoires » n’ont pas accepté nos conditions préalables. Hé, Palestiniens, reprenez les négociations, sans poser, vous, de conditions ! Seulement, voilà : en usant de son droit de veto pour la défense d’une situation inacceptable, Obama rejoint la triste cohorte des marionnettes des droits de l’Homme et des peuples, révélant les grosses ficelles qui l’animent; au même niveau qu’un ex-général subsaharien, moins président des pauvres, on s’en doutait déjà, que pantin des forces d’argent…
AOC
Par quel tour de passe-passe, Obama, notre défenseur afro-européen américanisé des droits de l’Homme, va-t-il, lui, justifier de son droit de veto, au conseil de sécurité des Nations-Unies, pour contrer la saisine de Mahmoud Abbas, pour la fondation, enfin, de l’Etat de Palestine, condition inséparable de celle de l’Etat d’Israël, lors de la résolution 181 du 29 novembre 1947? Soixante-cinq ans que cette résolution est piétinée, et que la comédie perdure, avec la seule fondation de la Sionie, caricature de ce que devrait être un Etat juif. Soixante-cinq ans que les Sionistes bafouent toutes les résolutions des Nations-Unies, guerroyant ici, invoquant, là, des feuilles de route, des plans de paix, des accords d’Oslo ou de Madrid, appuyés par des quintettes, des quartettes, et autres trompettes à musique variable, mais colonisant, toujours, à tout-va. Les négociations sont rompues, les « gens des territoires » n’ont pas accepté nos conditions préalables. Hé, Palestiniens, reprenez les négociations, sans poser, vous, de conditions ! Seulement, voilà : en usant de son droit de veto pour la défense d’une situation inacceptable, Obama rejoint la triste cohorte des marionnettes des droits de l’Homme et des peuples, révélant les grosses ficelles qui l’animent; au même niveau qu’un ex-général subsaharien, moins président des pauvres, on s’en doutait déjà, que pantin des forces d’argent…
AOC
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